Voyageurs

Voyageurs

Voyager, partir à la découverte de la nouveauté, de la différence, de l’Autre, en abandonnant quelque chose de familier derrière nous. On part avec ses bagages au sens propre comme au sens figuré. Les effets personnels les plus intimes constituent un ancrage avec le lieu de départ. Mais qu’emporte le voyageur dans ses valises? Comment garder ses biens utiles et précieux avec soi? Quel encombrement et quel poids pour nos affaires?

Effets Personnels

Effets personnels est un projet de recherche sur les objets et affaires personnelles embarqués lors de long voyages par les officiers de la marine marchande de la Compagnie des Indes au XVIIe siècle en comparaison à ce qu’embarquent de nos jours les astronautes sur les stations spatiales orbitales. Pour les premiers en tant qu’officiers ces objets constituaient leur garantie de salaire et pour les second l’enjeu est d’optimiser l’adaptation psychologique de l’équipage.

Le travail en gravure pour ces effets personnels a été réalisé en taille-douce, avec la technique de l’aquatinte sur cuivre et de la pointe sèche. Mon intention était de faire passer au travers de la finesse du trait et le jeu d’ombre et de lumière l’épreuve aussi bien corporellement que psychologiquement qu’ont vécu ces équipages aux deux univers opposés, l’un sur mer l’autre dans l’espace. Ces deux univers sont présentés parallèlement sur la même gravure, tantôt sur deux plaques, tantôt sur la même.

Dans la série intitulée Vie à Bord, mes pointes sèches représentent les espaces exigus des vaisseaux, la promiscuité, le mal de mer ou de l’espace, le soucis des réserves alimentaires et d’eau potable, l’arrimage des objets pour qu’ils ne chutent pas ou n’errent pas, le danger de la noyade ou de l’asphyxie, autant d’inconforts et de dangers parmi d’autres auxquels viennent s’ajouter le soucis du poids des vaisseaux dont la surcharge met en péril le voyage. Toutes ces contraintes contrastent avec l’étendue des grands espaces naturels traversés lors des périples. Ces gravures sont accompagnées des textes d’Elisabeth Troestler qu’elle a eu la bonté de bien vouloir m’écrire.